Bienvenidos!

Bienvenidos!
Bonjour à tous,
Vous trouverez ici quelques nouvelles de mon séjour au Pérou, qu'il s'agisse du pays, de Lima, de l'association ou de moi.
Tous vos commentaires, encouragements et soutien sont les bienvenus.
A très bientôt !

dimanche 11 septembre 2011

Merci

Merci à tous les lecteurs de mon blog tout au long de l'année.

samedi 10 septembre 2011

L'abandon

France, Paris, CDG,
J'ai abandonné mes enfants...
Heureusement, mes parents sont à l'arrivée,
J'ai abandonné mes enfants...
Périphérique, immeubles haussmanniens,
J'ai abandonné mes enfants...
Seine, métro aérien,
Ces paysages d'antan.

Voleurs !

Les enfants des rues sont des voleurs,
Ils ont volé mon cœur.

jeudi 8 septembre 2011

Fini

Je pars demain... Ne me demandez pas comment je me sens... Je n'ai aucune envie d'en parler.

dimanche 4 septembre 2011

Tu es venue en vendant des bonbons?

Alors que je discute avec Maria-Isabel, un sachet de bonbons sur les genoux, Maili m'interpelle : "Tu es venue en vendant des bonbons?". Je jette un coup d’œil au sachet et souris, puis secoue la tête et lui explique que c'est pour elle et les autres. Elle se charge immédiatement de la mission et part distribuer les bonbons, me laissant là, en tête à tête avec sa réflexion...
C'est fou l'univers d'un enfant, et tellement difficile à imaginer à la fois. La petite, me voyant avec des bonbons, m'intègre à son univers et pense tout naturellement que je fais comme tant de ces enfants, comme elle certainement lorsqu'elle était dans la rue, et comme tant d'adultes extrêmement pauvres, allant de bus en bus, vendant des bonbons aux passagers. Je vous laisse visualiser la scène...
Comme un écolier qui n'imagine pas son professeur en dehors de la salle de classe, elle ne me conçoit pas en dehors de la rue ou du centre, ses deux univers... Je me demande bien où son esprit me fait dormir...

vendredi 2 septembre 2011

Le collier de Shakira

Dans un bus à quelques kilomètres de Trujillo, entourée d'autochtones, je demande à mon voisin si Puerto Chicama, ma destination, est ici. Il me répond par la négative et m'informe qu'il y en a encore pour un moment. Un autre en profite alors pour me donner quelques précisions ; puis, profitant de l'occasion, m'interroge : "Tu achètes le collier de Shakira?". "Shakira?" dis-je bêtement afin d'être sûre d'avoir bien entendu. Il acquiesce. Me demandant bien ce que Shakira et ses colliers viennent faire là-dedans, je le regarde avec des yeux ronds et réponds par la négative. Lui, ne se laissant pas démonter, renchérit : "Tu aimes le collier de Shakira?". Un peu perplexe, face à la question comme à son insistance, je réponds que non, vraiment, je ne connais pas et que je n'en veux pas. Je me détourne, m'enfonce dans mon siège, amusée et méditative, il n'insiste pas. Mon premier interlocuteur prend alors le relai et me sauve de mon ignorance. Il m'explique que l'homme et ses copains vont dans le désert à la recherche de colliers de Shakira, produits des indiens, incas, dit-il, afin de les revendre ensuite aux touristes. C'est pour ça, continue-t-il, qu'il me demandait si je voulais lui en acheter un. "Ce sont des vrais?" ne puis-je m'empêcher de demander. Il me confirme calmement, alors que l'autre s'amuse comme un fou de ma question. Question bête, pardon. Bref. Mais alors comment lui expliquer que, s'il dit vrai, il me semble difficile de ramener en toute légalité une antiquité en France ?

petite info : d'après mes sources, shakira, qui s'écrit aussi chaquira, est une perle.

lundi 29 août 2011

Mes filles à la lumière du jour

J'entre dans le centre. L'éducatrice ferme soigneusement la porte derrière moi. Comme toujours, le comité d'accueil câlin ne se fait pas attendre. Maria-Isabel est dans le lot, ne manquant pas à ses habitudes, s'exclamant que je lui ai manqué, affirmant son inquiétude pendant mes semaines d'absence, en rajoutant à peine. Je la rassure, lui rappelle que la semaine passée c'était elle qui était absente, et embrasse celles qui sont là. Puis, je me glisse doucement derrière Maili et lui murmure un : "Prête ? On sort." Elle se tourne vers moi, me regarde, les yeux brillants : "On sort ?" interroge-t-elle. Passée la surprise et l'euphorie, les deux petites vont chercher un manteau. Je m'occupe de réconforter celles qui ne sortent pas, regrette de bêtement ne pas avoir anticipé. Nous passons la porte. Nous sortons. Dehors, nous sommes dehors, à la lumière du jour, ensemble. Magique. Nous montons dans la voiture de Fabrizio, grâce à qui la sortie est possible. Je propose un cinéma. Enthousiasme général. Sur le chemin, ça piaille dans le véhicule, et ça piaille de la gaieté et de la joie.
Nous descendons de voiture et nous avançons vers l'ascenceur. Maria-Isabel nous avoue alors la peur de l'engin, et pour cause, elles n'en ont pas l'habitude. Rares sont les ascenseurs dans les bidonvilles. Fabrizio la taquine, je tente de la rassurer, elle se blottit dans mes bras ; Maili, qui ne dit rien, n'en mène pas large non plus. Exclamations d'appréhension au démarrage. Fabrizio demande s'il doit accélérer ou décélérer. Je m'exclame qu'il est un très bon conducteur d'ascenseur. Elles rient, on sort de la cage transparente, l'épreuve est finie.
Une fois sélectionné le fabuleux film des "pitufos", autrement dit des schtroumpfs, nous faisons un petit tour dans le centre commercial pour passer le temps avant la séance. Maili s'arrête devant l'entrée d'un centre dentaire. Je m'avance pour voir la source de ce regard émerveillé. C'est un aquarium. "Comment peuvent-ils rester vivants, coincés là-dedans ?" interroge-t-elle. Je lui montre la pompe qui change l'eau en permanence pour que les poissons aient toujours de l'oxygène à respirer. "Et comment mangent-ils alors?" J'explique que quelqu'un glisse de la nourriture dans l'aquarium quotidiennement. L'enfant contemple un moment le phénomène, ravie, puis nous rejoint.
A la sortie, la joie n'a pas faibli. Elles sont enchantées, et du coup, moi aussi. Et nous voila de nouveau devant la porte. Je sonne. On ouvre. Je les embrasse fort et les regarde disparaître derrière cette porte qui se ferme.

dimanche 28 août 2011

Pourquoi je pense ...

Pourquoi je pense que le conseil de sécurité de l'ONU et l'ensemble des états devraient reconnaître la Palestine comme état ?
Tout simplement parce qu'on ne négocie qu'avec un égal. Après tout, pourquoi négocier avec une entité qui a moins de pouvoir que vous si vous pouvez la faire plier à votre volonté ? Ça n'a pas de sens !
Aujourd'hui, l'occident s'acharne à demander à un état reconnu, Israël, et un entité au statut bâtard, l'Autorité Palestinienne, de négocier la Paix. Il a fait de cette paix, jusque-là, une étape incontournable à la reconnaissance de la Palestine. Mais comment pourraient-ils y parvenir, alors que le rapport de force est si déséquilibré ? Comment pourraient-ils y parvenir, alors que l'un des partis n'a aucune raison de négocier ?
Il me semble, au contraire, que la reconnaissance de l'état palestinien est un maillon indispensable du processus de paix, car c'est elle qui légitimera les dirigeants palestiniens pour négocier d'égal à égal avec leurs homologues israéliens. Il me semble que ce ne sera qu'en ce beau jour de septembre qui verra naître un état, que les négociations de Paix pourront voir le jour à leur tour, offrant l'espoir à des peuples qui méritent bien un peu de calme et de tranquillité.

vendredi 19 août 2011

For Free

Je passe la porte de la casa Taller et me retrouve nez à nez avec Ricardo. Je ne le connais pas. Ça fait moins de deux semaines qu'il vient à la casa et j'étais en vacances. Il voudrait rentrer. Il sait pourtant qu'il est beaucoup trop tard, il est 15h30 passées et les enfants ne peuvent entrer qu'entre 14h et 15h. Il essaie de négocier pourtant, il prétend s'être mouillé le pantalon. Je le laisse tenter de convaincre Lucho et part. Bientôt, une voix m'interpelle. C'est lui. Il n'a pas réussi à obtenir sa dérogation et souhaite m'accompagner faire les courses. Soit, je le laisse m'emboiter le pas. Nous papotons. Fier comme un jeune coq, il me montre sa carte d'identité toute récemment acquise avec l'aide de Marie, m'explique qu'il doit faire son cv pour chercher un travail. Je l'encourage. Comme tous les autres, ou presque, il tente sa chance : "tu m'offres quelque chose à manger ?", "Tu m'invites à déjeuner?", "Marie, elle, elle m'invite !". Je souris. Il me dit avec beaucoup de spontanéité que Marie et moi, nous sommes bonnes. Sans sourciller, je lui explique, "fiston", que "rico" s'attribue à la nourriture, pas aux filles, et lui énumère tout le vocabulaire à sa disposition pour exprimer sa pensée. Nous arrivons au supermarché. Il m'aide à choisir les produits et à porter les courses avec beaucoup de gentillesse et de naturel, court même peser nos œufs pour que je puisse m'assurer que j'en ai la quantité désirée. A la caisse, une jeune femme est accompagnée de deux petits enfants. Mon jeune monstre entreprend de les saluer et de leur serrer la main sous mon regard attendri. Il n'en restera pas là. Le voila bientôt qui sort de sous son pull le paquet de bonbons qu'il vend dans les bus et en sort deux pour les donner aux deux petits. Comme ça... 
Pour rien... 
Gratuitement...
Un geste des plus désintéressés de la part d'un enfant des plus démunis.